A l'aube de la sédentérité, le pays de Canaan dont faisait partie le Liban de la Bible, connaissait déjà la vigne. Les ancêtres des Libanais d'aujourd'hui furent parmi les premiers à fermenter le jus du raisin des ceps qui poussaient sur les pentes escarpées du Mont Liban et exportèrent même leur vin vers l'Egypte.

Quelques siècles plus tard, les Romains, qui construisirent le temple de Bacchus à Baalbeck, y pratiquaient, semble-t-il, un rite initiatique de nature ésotérique, principalement axé sur le disque solaire, symbole de la renaissance et de la régénération, dont le dieu du vin était l'inspirateur.

Ce mystère trouva-t-il son accomplissement dans la Renaissance de "l'Art" du vin au Liban après une éclipse de près de 15 siècles ? Et cette Renaissance ne fut elle pas en grande partie inspirée par Château de Kefraya ?

Dès 1951, Michel de Bustros entreprend l'implantation d'un vignoble sur une terre parsemée de rochers qui n'avait jamais rien produit depuis la Création. Pour que cette succession de terrasses et de coteaux en friche, s'élevant jusqu'à 1100 mètres d'altitude, fut un jour propice à l'établissement du vignoble, un déploiement de buldozers et des opérations de dynamitage s'imposaient. Un terroir argilo-calcaire et caillouteux, exposé à un ensoleillement exceptionnel, était dès lors prêt à constituer le berceau du plus grand domaine viticole libanais.

Soucieux d'effectuer son entrée dans un créneau de Qualité, à savoir à partir d'une vigne ayant déjà acquis un caractère qualitatif propre à son âge, ce n'est qu'en 1979, en pleine guerre dite civile, que Château Kefraya se mit à produire son propre vin, avec ses propres raisins issus de son propre vignoble et dans sa propre cave dotée d'une installation technique de pointe.

Entre-temps, une image avait déjà vu le jour, les vins de "Château Kefraya" ayant acquis leurs titres de noblesse aussi bien au Liban qu'à l'étranger et leur qualité étant reconnue et certifiée par le nombre et le prestige des distinctions obtenues. Des médailles d'or, d'argent et de bronze sans parler de trophées, d'articles élogieux dans les revues spécialisées et notamment dans la plus illustre d'entre elles, éditée par le "pape du vin" Robert Parker - dont on a dit que le palais est à l'oenologie ce que le cerveau d'Einstein est à la science - consacrèrent cette notoriété. Parker intitula son texte "An amazing accomplishment in Lebanon".